L’âme au vent

Posté le Lundi 2 décembre 2013

-1-

 

 

Guillaume de Lauret engloba du regard cette terre de vignes et de tourmente, cette bâtisse longue et cossue qui semblait le défier. Il rangea dans poche son vieux mouchoir carré brodé de ses initiales, une tradition familiale. A 45 ans, il devenait l’unique héritier de l’empire viticole bâti par ses parents. Un héritage dont il se serait bien passé. Il n’était pas revenu au domaine depuis dix ans. Une énième dispute avec sa mère avait eu raison des liens du sang. Elle venait de mourir, et tout ce qui lui restait d’elle c’était cette urne qu’on lui avait tendu d’un air de circonstance.

L’espace d’une seconde, tout lui revint en mémoire.

Cette voix au bout du fil :

- Votre mère vient de décéder des suites d’une mauvaise chute. Les urgentistes n’ont rien pu faire. Toutes mes condoléances, monsieur. »

Il savait que ce jour viendrait, mais il n’aurait jamais pensé qu’il en serait autant affecté. Une page de sa propre vie se tournait. Cette mort prématurée lui enlevait le peu d’espoir de réconciliation qu’inconsciemment, il lui restait.

La dernière vision qu’il avait de sa mère était celle d’une femme en colère, une femme qui ne comprenait pas que son fils s’éloigne du destin qu’elle lui avait choisi. Une femme qui avait décidé qu’il reprendrait le domaine, qu’il serait viticulteur comme ses parents avant elle.

Guillaume, lui, avait toujours rêvé d’ailleurs, de voyages et de bateau. Son élément n’était pas la terre mais la mer et le vent.  Lors d’une escale à Cuba, il avait rencontré Lola, elle lui avait donné deux enfants. Il était resté à terre quelques années, puis l’appel de la mer avait été plus fort. Hélas, Lola n’eut pas la patience de l’attendre au port. Elle avait demandé le divorce seulement quelques années après leur mariage, donnant ainsi raison à sa mère qui avait désapprouvé leur union. Elle l’avait crié assez fort pourtant. Lui qui avait fréquenté les meilleures universités, lui qui possédait un avenir assuré, tout tracé, comment osait-il s’amouracher d’une putain, dénichée dans un obscur port cubain ? Il avait essayé d’expliquer. Lola n’était pas une prostituée mais la fille d’un grand armateur. Cela n’avait pas suffi à Maud de Lauret. Sans sa vindicte, il ne se serait pas éloigné d’elle. Quant à son père, il n’avait pas eu son mot à dire… De toute manière il n’avait jamais eu la possibilité de s’exprimer. Sa femme, autoritaire et exigeante gérait le domaine. Point. Lui se contentait de sa passion pour la chasse au gros gibier.

Dans l’avion qui l’avait ramené à Bordeaux, Guillaume avait réalisé que son enfance, puis son adolescence et jusqu’à sa vie d’homme n’avait été qu’une course au trophée inaccessible : l’amour de sa mère. Il crevait d’envie qu’elle l’embrasse, qu’elle le berce dans ses bras au moins une fois, juste une fois. Mais ce geste de tendresse, si banal, il ne l’avait jamais obtenu. Pourquoi tant d’indifférence ? Qu’avait-elle vécue avant lui pour s’être forgée semblable carapace? Il s’était fait une raison. Ses questions resteraient désormais sans réponse.  Parvenu à l’âge adulte, pour se protéger, il avait décidé une fois pour toutes que sa mère était une handicapée de la vie, démunie de la capacité à donner de l’amour.  Ces dix dernières années, il avait réussi à se convaincre qu’elle était morte pour lui, que c’était beaucoup mieux ainsi. Jusqu’à ce coup de fil, cela lui avait suffit.

 

 

Pendant les heures qui avaient suivi son arrivée à l’aéroport de Mérignac, il s’était sentit comme une marionnette que l’on dirige avec des fils invisibles. Il s’était glissé dans un taxi, avait gagné un hôtel sur les quais de Garonne, posé sa valise puis allumé une cigarette. Depuis le balcon de sa chambre, il avait, de longues minutes durant, regardé le fleuve s’écouler avec force. Il avait essayé d’y puiser assez de force et d’énergie pour accepter l’image de sa mère dans son cercueil.

Il l’avait trouvé sereine, et paisible dans sa robe blanche. Dans ces traits fragiles, marbrés,  il n’avait pas reconnu la mère dure et froide qui l’avait élevé. Il aurait dû en être bouleversé. Il n’avait rien ressenti. Comme si de la revoir avait achevé cette course à l’amour qu’il s’était imposée. Avait-elle réussi à faire de lui un monstre sans cœur ? s’était-il demandé face à la tristesse des autres. Ce constat, seul, l’avait perturbé.

La cérémonie avait été sobre. Peu de monde y avait été convié, seulement quelques amis et des employés de maison. Le plus attristé lui avait semblé être Antoine, le majordome, rentré au service de la maison juste avant sa naissance. Guillaume l’avait toujours considéré comme un membre de la famille à part entière, le seul auprès duquel il avait réussi à trouver réconfort et affection dans sa jeunesse.

Guillaume était ressorti du funérarium avec l’urne mortuaire. On lui avait aussi remis une clé en argent, qu’il lui avait toujours connu en pendentif. Il l’avait rangé dans sa poche, puis était monté dans la vieille Bentley familiale, conduite par Antoine. Le paysage de ce coin de Médoc n’était que vignes. Des rangs de vignes à perte de vue…

- Les vendanges sont prometteuses monsieur, ça oui, une bonne récolte pour un bon cru, Madame aurait été très contente, avait-dit Antoine, une infinie tristesse dans la voix. Pourquoi lui, n’en éprouvait-il pas ?

Les grilles du château s’étaient ouvertes devant la voiture.

 

- Je me suis permis de vous installer dans la chambre bleue, lui annonça le majordome, l’arrachant à ses souvenirs immédiats.

- Merci Antoine.

- Je monte votre bagage. Si vous avez besoin de quoi que ce soit…

- Merci Antoine, ça ira.

 

Il entra. déposa l’urne sur la grande cheminée du salon. Il ne savait  pas vraiment quelle était la dernière volonté de sa mère à ce sujet-là.

 

Après s’être rafraichi, il erra de pièce en pièce, redécouvrant sa chambre d’étudiant dans laquelle rien n’avait bougé. Une foule de souvenirs désagréables l’assaillirent. Il inspira à larges goulées, le temps de calmer les battements, soudain désordonnés, de son cœur. Sa main trouva la clef dans sa poche. Il était temps d’affronter ses démons. Il se dirigea vers le bureau de sa mère. Ce bureau dont la porte lui avait toujours été interdite. Ce bureau dans lequel elle s’enfermait à double-tour, et y restait des heures. Il posa la main sur le loquet avant même d’enfiler la clef dans la serrure. Le battant s’écarta.  Il resta quelques secondes sur le seuil à observer la pièce. Le sentiment de culpabilité revint, comme cette fois où il était entré, par défi. La punition l’avait dissuadé de recommencer. Il se reprit. Il était adulte et sa mère n’était plus là pour le réprimander. Il s’assit devant le bureau de Maud. Ses yeux tombèrent sur une enveloppe kraft posée sur le sous-main en cuir. Son nom s’étalait en toutes lettres manuscrites dessus.

C’est d’une main devenue tremblante qu’il la décacheta :

 « Mon Fils, 

Si tu lis ces mots, c’est que je suis partie pour un voyage sans retour. Comment rattraper en quelques lignes, ces années sans nous voir, ces années où je nai pu t’ouvrir un peu de mon cœur?  Je n’ai pas été capable de te donner ce que tu attendais de moi. Aujourd’hui il est temps que tu saches pourquoi. Tu es né d’un mariage arrangé, ton grand-père exigeait que je me marie avec ton père pour que le domaine continue de vivre; nous étions argentés mais la famille de ton père l’était davantage. Mariée pour des questions d’argent, c’est en soit déjà difficile à comprendre mais ce n’était pas la seule raison.  L’année avant d’être mariée de force, j’avais rencontré un homme; j’éprouvais pour lui un amour que seules deux âmes sœurs peuvent se donner. J’avais 17 ans, je suis tombée enceinte, j’étais heureuse. Louis, il s’appelait Louis,  est allé  demander ma main à mon père. Ce dernier l’a renvoyé avec force, lui objectant que sa fille n’épouserait jamais un minable et lui pria de ne jamais revenir au château, de cesser de me voir sur le champ. Le soir même, nous avons fugués, mon oncle et mon père nous ont poursuivis, tels des gibiers, un coup de feu est parti, la balle à toucher Louis en plein cœur. L’amour de ma vie s’est éteint dans mes bras et je portais son enfant… Une De Lantagnac n’avorte pas et, de toute façon, je n’aurai pu tuer la seule chose qui me raccrochait au souvenir de Louis. Je suis donc partie un an en suisse. A Bordeaux on me croyait en pensionnat de jeunes filles bien nées, en réalité j’allais confier mon enfant à un orphelinat. 

Comment ai-je pu accepter cet abandon? Javais réussi à me convaincre que grâce à cet enfant, une part de Louis vivrait quelque part. Elle est née le 21 Mai 1963 dans une clinique privée en suisse, je n’avais plus aucun droit sur elle, j’ai seulement pu lui laisser  un mouchoir brodé de ces mots Pour Line, pour toujours». Je lavais brodé juste avant daccoucher, en espérant qu’un jour elle irait ouvrir son dossier de naissance où j’avais pu lui laisser une lettre.   

A ce jour, je n’ai jamais eu de nouvelles, je ne sais même pas si elle est vivante… Cette absence m’a rongée, toute ma vie Guillaume, et lorsque tu es né, je n’ai pas réussi à t’aimer comme il se doit, t’avoir dans mes bras c’était comme si j’abandonnais encore et encore Line. Je t’ai aimé à ma manière, te voir vivre, grandir, c’était à la fois une joie et une déchirure.  

J’espère, mon fils, que ces quelques lignes apaiseront ta haine envers moi, que tu comprendras même s’il est bien trop tard, je le sais. 

Aujourd’hui mon domaine est sans vie, tu n’es plus là et ton père est parti lui aussi. J’avais finalement réussi à trouver auprès de lui un peu d’affection, et je deviens folle de ne savoir rien de ma fille… Je ne peux plus, je ne veux plus vivre Guillaume… Ce soir je mets fin à ma vie pour rejoindre mon Louis, son père, l’amour de ma vie.  

Prends soin de toi, mon fils, et si tu le peux et le veux, retrouve-là, que mon âme soit apaisée, qu’elle sache qui j’étais.  

Il existe un tiroir caché sous le sous-main de mon secrétaire qui ne s’ouvre qu’avec la clé en argent que je porte autour du cou. Tu y découvriras tout sur mon passé, et peut-être un peu ton avenir… 

Je t’aime. Pardonne-moi

Maud De Lauret née De Lantagnac 

Le 8 Octobre 2013 

 

 

Abasourdi, Guillaume saisit la petite clef en argent dans sa poche et ouvrit le tiroir caché. A l’intérieur, il découvrit un mouchoir brodé, certainement à l’identique de celui que sa mère avait laissé à Line. Il le déplia, relevant une mèche de cheveux blonds  et une vieille photo de sa mère dans les bras d’un homme.

« Elle avait l’air si heureuse ! », songea-t-il.

 

Il se leva, serra le mouchoir dans sa main. Les pensées se bousculèrent dans sa tête. Comment avait-il pu passer à côté de sa détresse, de ce vide intérieur. Pourquoi l’avait-il condamné sans savoir, sans chercher à comprendre ? Il s’échoua dans le vieux fauteuil club et se mit à pleurer.

 

 

-2-

 

Au même moment, dans son chalet près du Lac Bleu, Line était en vacances. Elle aimait ces petites retraites en montagne qu’elle s’octroyait après des semaines de stress intense au travail. Correctrice pour une grande maison d’édition, elle avait dû redoubler d’énergie pour boucler à temps la sortie du dernier roman d’un auteur à succès. Un best-seller de plus.

Elle venait d’avoir 50 ans, cette retraite dans son chalet montagnard était idéal pour effectuer le bilan de sa vie. Elle avait eu beaucoup de chance malgré un départ dans la vie difficile. Elle avait été adoptée et élevée par un couple de libraires aimants qui lui avait donné le prénom que sa mère biologique lui avait laissée pour unique héritage. Les parents de Line lui avaient transmis leur passion pour les livres et l’écriture. Elle avait donc tout naturellement fait des études dans ce domaine. Sur les bancs de la fac, elle avait rencontré une femme, Louisa, qui avait changé sa vie à bien des égards. Elles s’étaient aimées dès le premier regard. Comme une évidence. Line et Louisa avaient alors entamé un tour du monde, vivant de peu mais avec une joie sans faille. Puis elles avaient posé leurs valises, Line était entrée dans le circuit de l’édition et Louisa, qui aimait beaucoup les parents de Line, avait repris la librairie familiale. La vie s’écoulait paisiblement jusqu’à ce que Louisa tombe gravement malade, un cancer du sein foudroyant : Il y avait quelques mois, juste avant de mourir, Louisa lui avait glissé à l’oreille ces quelques mots : « Mon cœur, je te laisse seule, il est temps que tu retrouves tes racines ».

Bouleversée, Line avait refusé d’entendre, de comprendre la demande de Louisa. Elle avait préféré se jeter à corps perdu dans le travail pour ne plus penser. Pour cesser de pleurer aussi. Et puis, une nuit, un étrange rêve l’avait réveillé en sursaut. Une main invisible se posait sur son épaule, puis une voix de femme lui soufflait doucement à l’oreille « Retrouve-moi ».

Elle n’avait pu se rendormir. Au petit jour, elle avait quitté Paris pour la Suisse.

 

*

 

Antoine frappa à la porte du bureau, faisant sursauter Guillaume qui, épuisé par ce regain d’émotion, avait fini par s’endormir.

- Tout va bien, monsieur ?

Tout lui revint en mémoire. Il se mit à trembler. A bafouiller.

- Non Antoine, non. Rien ne va. Comment ai-je pu ? Elle…

Inquiet, le majordome s’approcha. Guillaume lui tendit la lettre. Si une tristesse plus grand encore se dessina sur les traits du vieil homme, Guillaume n’y lut aucune surprise.

-          Vous le saviez, n’est-ce pas ? Pour Line…

-           Que Monsieur me pardonne, je dois m’assoir une minute.

Il tomba dans l’autre fauteuil, devant cette immense bibliothèque qui tenait un pan de mur.

Guillaume leur servit un verre de whisky. Il fallut plusieurs gorgées à Antoine pour qu’il retrouve quelques couleurs.

- A dire vrai, je me doutais qu’il ne s’agissait pas d’un accident…J’espérai, pourtant…Oui, j’espérai…

Il prit une longue inspiration puis continua.

- Je suis entré au service de votre grand-mère peu après le retour de Suisse de Madame. Il était évident qu’elle avait vécu un drame. Son visage n’était que souffrance. Je l’entendais souvent pleurer le soir, lorsque j’apportais le brandy à votre grand-père. Elle était à la veille de son mariage avec votre père. Une nuit, je n’ai pu continuer à ignorer cette souffrance. Au risque de perdre ma place, je suis donc entré dans sa chambre. Elle était prostrée au pied de son lit. Je l’ai prise dans mes bras, elle s’est apaisée et je l’ai bordée. J’allais partir lorsqu’elle m’a demandé de garder ce secret qui lui rongeait l’âme et le coeur. J’ai su alors, Monsieur, ce que vous savez depuis quelques minutes. Toute ma vie, j’ai soutenu votre mère du mieux que j’ai pu, la maintenant hors de la dépression latente dans laquelle elle sombrait. Elle s’est construit un masque, qu’elle n’enlevait que dans l’intimité de son bureau. Elle exécrait l’être qu’elle était devenue… J’ai honte à vous l’avouer Monsieur, mais je l’aimais.

Ils restèrent là, tous deux, à pleurer. Guillaume était bouleversé, toute sa vie n’avait été qu’illusion. Il était passé à côté de sa mère. Il eut besoin de rester seul.

Antoine le devina avant même qu’il l’eut formulé. Pudiquement, il demanda à Guillaume, l’autorisation de se retirer.

 

De nouveau seul, Guillaume se leva et entreprit de fouiller le bureau ; il trouva un paquet de lettres destinées à Line, une par année. Maud confiait à sa fille sa détresse de ne pas la connaître. Elle lui décrivait sa vie au château, la naissance de son demi-frère. En lisant ces lignes c’est un peu sa vie que Guillaume revécut au travers des yeux de sa mère.

Sa lecture achevée, sa décision était prise : Il devait retrouver Line.

 

 

 

-3-

 

Assise sur un rocher, Line buvait un café. A ses pieds, sa chienne  dormait. Le chant du ruisseau qui s’écoulait plus loin apaisait ses pensées. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle n’avait jamais souffert de l’abandon de sa mère biologique. Il lui avait toujours paru comme une évidence que seule une situation dramatique pouvait conduire une mère à ce geste. Elle n’avait, du coup, pas voulu s’imposer en réapparaissant du jour au lendemain. Aujourd’hui, elle se demandait qui était cette mère. Quelle est sa vie aujourd’hui ? Lui ressemblait-elle ? Ou bien ressemblait-elle à son père ?

Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle était née un 21 mai 1963 à Zurich. Ses parents l’avaient adoptée quelques jours plus tard dans un orphelinat de la ville. La mère biologique de Line avait juste demandé deux faveurs : qu’elle conserve ce prénom et qu’on lui transmette le mouchoir sur lequel elle avait brodé   « à Line, pour toujours ». Elle le conservait en permanence sur elle, telle la photo d’un amoureux qu’on range dans son portefeuille et qu’on finit par oublier. Elle savait qu’un dossier à son nom l’attendait. Parfois,  il contenait l’essentiel. Parfois, rien. Il arrivait le plus souvent que, selon la volonté des parents biologiques, le dossier reste inaccessible au concerné.

Elle sortit le mouchoir, l’étala dans sa main. Si sa mère avait pris le temps de ce message, elle avait forcément pensé à lui en laisser  plus, une adresse, un nom, de quoi, en tous les cas, la retrouver un jour. Aujourd’hui, elle se sentait prête. Elle prit son téléphone pour se renseigner de la démarche à suivre. Quelques minutes plus tard, elle obtinait un rendez-vous à Zurich avec l’administrateur de la maternité.

 

*

Voyant la détresse de Maud, le majordome avait confié à Guillaume qu’il avait engagé un détective privé pour retrouver sa fille. Quand Maud l’avait découvert, elle était entrée dans une colère noire. Avant de bloquer les recherches, Antoine avait tout de même réussi à obtenir une photo de Line enfant. Il la lui remit, le regarda filer en direction des écuries, ce trésor qu’il n’avait pas voulu regarder trop vite, en poche.

Guillaume avait soudain eut besoin d’air. Il sella un cheval puis le mena, comme en son jeune temps, au travers des rangs de vignes. Il galopa jusqu’à un petit étang près duquel il venait pêcher avec son père. Il avait toujours considéré cet endroit comme une part de son jardin secret. Il y avait connu, là dans les hautes herbes, son premier baiser, sa toute première fois. Il avait partagé, ses larmes et ses coups de gueules aussi, avec le vieux chêne du bord de l’eau.

Il laissa la jument brouter dans un coin et s’assit sur le petit rocher face au lac. Il récupéra la photo dans le creux de sa main. Sa sœur y était jeune, assise sur un vélo rouge. C’était une petite blonde vénitienne avec des yeux verts très clairs, les mêmes que ceux de sa mère. Elle possédait également une fossette sur la joue gauche, comme lui. Il n’était plus seul désormais. Cette évidence l’apaisa. Sur la photo, il crut reconnaitre une rue du 17ème arrondissement de Paris, le quartier où il vivait actuellement. L’avait-il déjà croisée ? Etait-elle mariée ? Avait-elle des enfants ? Il se rendait compte à présent du fardeau que sa mère avait du porter. Savoir qu’elle existait quelque part et devoir se contenter de cette seule certitude, devoir combler tous les blancs d’une vie de sa seule imagination. Il lui fallait dans l’heure retrouver le détective privé qui avait entamé les recherches quelques années plus tôt.

Il se mit à prier pour que ce dernier exerce toujours.

 

-4-

Jérémie avait repris le flambeau de son défunt père. On était détective de génération en génération chez les Saint-Amant. C’était une vocation. Comme son père, il n’aimait pas les règles, les cases. Entrer dans la police traditionnelle l’y aurait asservi. Il s’y serait très vite ennuyé.

En raccrochant le combiné de son téléphone rétro, il pressentit que cette affaire allait être un moment clé de sa vie. L’histoire de ce Guillaume de Lauret était aussi belle que triste. Il devait à tout prix retrouver cette femme et lui ramener. Il se précipita dans la salle d’archives ; puisque son père avait déjà travaillé sur le dossier, il partirait de là. Quelques minutes d’investigation plus tard, il mit la main sur une mince pochette en carton. A l’intérieur, peu d’éléments, les recherches remontaient à plus de vingt ans. Toutefois, son père avait récolté quelques indices précieux grâce au témoignage d’une des infirmières qui s’était occupée de la jeune Maud.  Si l’infirmière n’était plus en vie, il trouverait quelqu’un aux archives de la « clinique des Pins » à interroger. Il s’en fut préparer son bagage.

Il partit le lendemain pour Zürich. A son arrivée, il se posa quelques minutes au bar de l’hôtel pour construire son plan d’attaque. D’abord il se connecta à Internet et googleïsa le nom de l’infirmière du dossier. Il trouva deux Ruth Witch répertoriées dans la ville. Il composa le premier numéro : ce fut le bon.

 

Au même moment, Line pénétrait dans sa ville natale pour la première fois. Elle avait appelé sa mère adoptive depuis le train, quêtant un peu de réconfort et de soutien dans sa démarche. Cette dernière l’avait encouragée à aller jusqu’au bout, afin qu’elle puisse, ensuite, envisager son avenir sereinement. Forte de ses paroles, elle gravit les marches de la petite clinique « des pins verts ». Une drôle de sensation la tenait au ventre. Elle appréhendait d’être déçue, de ne rien trouver. Et, tout à la fois, un immense espoir la tenait.

 

 

*

 

Jérémie sonna à la porte de Ruth. Il retenait son souffle. Si la vieille dame avait accepté de le recevoir, c’était qu’elle se rappelait de Maud. Comment cela pouvait-il être possible, alors que tant de jeunes filles l’avait précédé et suivi. Il en était intrigué.

Ruth possédait un regard doux. Il n’aurait su lui attribuer un âge. Elle lui servit un thé, accompagné d’un morceau de chocolat. Jérémie n’eut pas besoin d’un long discours. Quelques questions suffirent sur Maud, sur les suites de son accouchement. Larmes aux yeux, Ruth lui raconta l’histoire de cette jeune fille contrainte d’abandonner son bébé au nom des conventions. Elle se rappelait de sa détresse quand elle l’avait tenu dans ses bras, le cri bestial qu’elle avait poussé quand on les avait séparées. C’était son premier accouchement en tant qu’infirmière et, comme toutes les premières fois, on n’oublie jamais.

Jérémie lui avait alors exposé les raisons de sa recherche. Apprendre la mort de Maud attrista profondément Ruth. Avant de le raccompagner, elle ouvrit un tiroir, puis lui tendit un dossier. A l’intérieur il trouva toutes les pages du dossier De Lauret/André, photocopiées.  Comment avait-elle pu substituer ces documents à l’administration ? Ruth lui expliqua que, suite à la visite de son père, elle s’était mise à fouiller de son coté. Elle voulait rendre un espoir à cette mère. Lors d’une visite de courtoisie à la clinique, elle avait retrouvé une ancienne collègue, avait suffisamment réussi à la distraire de sa tâche pour subtiliser le dossier. Elle en avait fait des copies avant de le remettre à sa place quelques jours plus tard.

Avec beaucoup d’humour, Jérémy lui demanda si elle ne cherchait pas du travail. Ruth se mit à rire. Sur le seuil de la porte elle murmura:

- Vous tenez le repos de l’âme de cette femme entre vos mains. Prenez-en soin. Aidez-la à retrouver la paix .

Un frisson le saisit que la porte refermée n’effaça pas.

 

 

*

 

Line attendait, fébrile, que la secrétaire lui remettre le formulaire pour pouvoir consulter son dossier. Un sourire franc sur le visage, cette dernière lui annonça qu’il avait été consulté récemment, qu’un document y avait été ajouté. La levée allait donc prendre moins de temps que prévu. On lui annonça un délai de 24h. Line la remercia et prit congé. Elle avait attendu jusque là. Elle tiendrait. Même si d’autres questions la taraudaient. Par qui son dossier avait-il été rouvert? Et pourquoi ? Elle se prépara à une longue, longue fin de journée.

 

*

 

Jérémie de Saint Amand était assis sur le lit de sa chambre d’hôtel, les pages du dossier de Maud et Line étalées en demi-cercle autour de lui. Line avait été adoptée par un couple de libraires parisiens, M. et Mme André. Leur adresse de l’époque avait été notée.  Il y avait une photo, prise juste avant que l’on sépare la mère de la fille. On pouvait lire de la détresse derrière le sourire de Maud. Jérémie rangea le dossier dans sa valise puis se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche.

Il remonterait à Paris dès le lendemain pour interroger les parents adoptifs de Line. Nul doute qu’il ne tarderait à obtenir son numéro de téléphone.

 

 

 

 

 

*

 

Revenu dans le bureau de sa mère, Guillaume de Lauret n’avait cessé de réfléchir. Il n’était plus fils unique. Il se devait de partager l’héritage familial avec cette demi-sœur. Cette perspective ne le chagrinait pas, au contraire. Sa seule crainte venait du doute, de la peur que ce détective ne parvienne pas à la retrouver. Cette pièce raisonnait encore du parfum de sa mère. Il l’avait haï avec elle. A présent, il l’apaisait. Il finit par se lever. A l’instant de sortir, bruit sourd se fit entendre. Il se retourna, trouva un livre sur le sol, près de la bibliothèque. Il le ramassa, voulut le remettre à sa place. Il se figea,  incrédule. A sa place se dessinait un mécanisme. Il l’actionna par curiosité. Comme dans ses films préférés, la bibliothèque pivota sur elle-même.

 

 

-5-

Line venait de lire pour la cinquième fois la même phrase de son livre de chevet. Impossible de se concentrer. Demain, sa vie prendrait un nouveau tournant. Elle ferma les yeux, essayant d’imaginer à quoi pouvait ressembler sa mère. Elle frissonna, rouvrit les yeux. La fenêtre de sa chambre s’était ouverte. Elle se leva, resta quelques secondes à admirer la vue, se sentit observée. Elle se retourna. Personne. Après s’être assurée que la fenêtre était bien fermée, elle se recoucha, régla le réveil de son téléphone et éteignit sa lampe de chevet. A peine avait-elle posé la tête sur son oreiller qu’une voix l’interpella :

-Line… Line …

Tétanisée sous les couvertures, Line essaya de se raisonner. Tel un mantra elle se répéta :

-          Il n’y a personne, c’est seulement la fatigue.

Lorsqu’elle entendit pour la deuxième fois la voix, elle repoussa les couvertures, bondit et alluma toutes les lampes. Son cœur battait la chamade.

-          Qui est là ?

La mélodie d’une boite à musique creva le silence. Elle chercha sa provenance, fit le tour de sa chambre. Elle dut se rendre à l’évidence. Rien.

- Tu dérailles, ma pauvre fille ! C’est dans ta tête tout ça !

La musique cessa. Un nouveau souffle d’air froid la cueillit. Elle jeta un regard derrière elle. La fenêtre était à nouveau ouverte.

 

*

 

Guillaume pénétra dans la pièce secrète. Il sortit son smartphone et alluma l’application lampe torche. A l’entrée, il trouva un grand chandelier. Il tira de ses poches un briquet, enflamma la mèche des bougies. La totalité de la pièce s’illumina. Elle était meublée d’une coiffeuse, d’un sofa et d’un petit bureau. Tous les murs étaient remplis de livres anciens. Une petite fenêtre décorée d’un vitrail devait donner un peu de lumière en milieu de journée, mais il ne se souvint pas de l’avoir remarquée de l’extérieur. Il s’approcha de la coiffeuse, intrigué par une boite à bijoux. Il l’ouvrit. Une musique familière en jaillit. Il leva la tête et remarqua que le miroir qui lui faisait face ne retranscrivait pas uniquement son visage. Une seconde silhouette s’y reflétait, blanche, évanescente. Il se retourna, ne vit rien, chercha de nouveau ce reflet dans le miroir. Il n’eut que le temps de se rejeter en arrière. Le miroir se brisa en deux. Guillaume se sentit aspiré dans un trou noir. Il perdit connaissance.

 

 

 

-6-

 

Devant Line s’étalait ce dossier qui allait changer sa vie. La préposée aux archives l’avait laissée seule. Fébrile, elle repensait à la voix entendue la nuit passée. Et si c’était celle de sa mère ? C’était tellement absurde qu’elle se mit à rire nerveusement. Elle inspira profondément et ouvrit la pochette cartonnée. Ce qu’elle vit en premier sur la photo furent les yeux de sa mère. Elle avait les mêmes qu’elle. Submergée par l’émotion, ses larmes se mirent à couler. Elle la trouva si belle, si jeune, si triste derrière son sourire. Tout en gardant la photo en main, elle consulta le formulaire administratif : Mlle Maud de Lantagnac, rentrée le 21 Mai 1963, à la clinique des Pins verts, Zurich, Suisse. Elle se moqua des autres informations. Le nom de sa mère lui suffisait. Elle passa aux deux derniers éléments du dossier, des enveloppes, une plus récente que l’autre. Elle décacheta la plus ancienne, y releva une écriture soignée et fine.

« Ma petite Line, 

Ai-je le droit te prénommer ainsi? La famille qui a choisi de t’adopter respectera-t-elle mes volontés? As-tu encore le petit mouchoir de soie? Que de questions qui, je pense, me hanteront le restant de ma vie. La seule chose que je crains c’est que tu me haïsses. Tu dois savoir la vérité : si je t’abandonne aujourd’hui c’est pour que tu puisses vivre, je n’ai eu que ce choix-là, la vie ou la mort…  L’essentiel est que tu saches que tu es le fruit d’un amour infini entre ton père et moi. Il s’appelait Louis, il est mort dans mes bras, dans un tragique accident. Le perdre fut un drame, te perdre…je ne sais si je survivrais. 

Je suis dévastée, ma petite Line… Sois heureuse, vis, aime! A lheure où j’écris cette lettre je te tiens dans mes bras, dans quelques minutes on va venir pour nous séparer, alors je te dis au revoir, oui, c’est juste un au revoir, je le sais… 

Je t’aime, pour toujours et à jamais. 

Maud de Lantagnac» 

 

 

Line était sous le choc. Elle ne s’était pas préparée à la souffrance et au désarroi de sa mère. Maud et Louis l’avaient conçue dans l’amour. Elle n’était pas le fruit d’un viol, comme elle l’avait craint. Mais c’était pire encore. Une foule de questions s’agglutinait dans sa tête. Une seule évidence s’imposa. Elle avait perdu trop de temps. Elle devait la rencontrer, elle devait la rassurer, la prendre dans ses bras, lui dire qu’elle allait bien, qu’elle avait été choyée et aimée.

Elle ouvrit la seconde enveloppe. Elle comportait une photo, ancienne, qui représentait un coteau avec des vignes à perte de vue. Au premier plan se trouvait un chêne auquel pendait une balançoire de fortune. Au dos, une simple inscription, « c’est ici que tout a commencé ». La préposée aux archives pénétra dans la pièce. Line n’écouta pas ce qu’elle lui dit. Elle signa machinalement le document tendu, restitua le dossier qui devait être consigné, le temps d’une énième procédure avant qu’elle puisse en obtenir une copie. Cela n’avait plus d’importance. Elle possédait l’essentiel.

 

Au sortir de la clinique, pourtant, elle fut prise d’un vertige. Elle s’assit sur un banc public pour le laisser s’estomper. Son téléphone bipa. Elle le sortit machinalement de sa poche, écouta le message laissé sur sa boite vocale :

- Détective privé Jérémie de Saint-Amand, je souhaiterai vous parler Mlle André, c’est au sujet de Mme Maud de Lauret. C’est très important, rappelez-moi au plus vite ! Merci. »

Line eut l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Maud de Lauret et Maud de Lantagnac, était-il possible qu’elles ne soient qu’une seule et même personne ? Cela lui sembla trop beau pour être vrai. Une petite voix dans sa tête sembla lui murmurer :

« Lorsque le destin est en marche, rien ne peut l’arrêter. »

 

*

 

Jérémie était en train d’appeler son client pour lui annoncer qu’il avait retrouvé sa sœur quand son téléphone vibra. Il affichait le numéro de Line. Fébrile, il décrocha.

 

*

 

Lorsqu’il ouvrit les yeux, Guillaume était allongé au sol, un gout de poussière dans la bouche. Il s’assit en tailleur. Il avait mal à la tête, comme si on lui avait fracassé le crane. Il passa la main dans ses cheveux. Aucune bosse. Depuis quand était-il évanoui ? Il ne sut le dire. Il allait se relever lorsqu’une photo, coincée sous le pied de la coiffeuse, attira son regard. Elle représentait un coin du domaine qu’il connaissait bien, pour s’être caché des heures et des heures dans le vieux chêne en haut du coteau. On finissait toujours par s’inquiéter de son absence, se lancer à sa recherche. Il n’y avait que dans ces moments-là qu’il se sentait aimé. Comme si sa vie prenait une valeur plus importante aux yeux de sa mère. Au dos de la photo, il reconnut l’écriture de cette dernière: «cest ici que je dois reposer, car cest ici que tout a commencé…» 

 

Guillaume se releva. Il n’arrivait plus à penser. Trop d’informations et d’émotions accumulées en peu de temps. Il regarda une dernière fois le miroir brisé. Il ne résista pas à cette brutale envie de fuir qui le gagna. A peine eut-il refermé le passage secret que son téléphone sonna. C’était Saint-Amand.

 

 

Jérémie était chamboulé. Il avait à peine cru Line lorsqu’elle lui avait expliqué être en Suisse depuis deux jours afin de découvrir la vérité sur sa naissance. Lui annoncer le décès de Maud avait été alors plus difficile qu’il l’avait imaginé. Elle avait éclaté en sanglots. Il avait essayé de la réconforter en lui parlant de Guillaume. Elle avait décidé de prendre le prochain avion pour Bordeaux. Ils devaient se rencontrer tous deux, demain. Guillaume était sous le choc lui aussi. Il le remercia chaleureusement avant de raccrocher.

 

Cette nuit-là,  la douce mélodie d’une boite à musique s’échappa de la petite bibliothèque secrète. Depuis sa chambre, au premier, le vieil Antoine sut que l’âme de Maud serait bientôt en paix.

 

 

-7-

Durant tout le vol vers Bordeaux, Line ne cessa de triturer son mouchoir de soie blanc. Un sentiment de culpabilité la tenaillait. Si seulement elle avait entamé sa démarche plus tôt, si seulement… se répétait-elle en boucle. Même si aujourd’hui la vie lui offrait un demi-frère, jamais elle ne pourrait rattraper le temps perdu. Jamais elle ne pourrait serrer cette femme qui, toute sa vie, avait pensé à elle, l’avait aimée sans la connaître. Elle essaya de se calmer, repensa à sa conversation avec le détective Saint-Amand. Il avait usé d’un grand tact en lui annonçant la nouvelle, il avait su la rassurer. Elle avait finalement connu peu de personnes dans sa vie qui y étaient parvenues. La dernière avait été Louisa. Elle sourit. Louisa. Elle lui avait fait un merveilleux cadeau en la poussant à la recherche de son passé. Elle lui devrait désormais bien davantage que ces quelques années de vie commune. A cette pensée, Line regagna un peu de confiance en l’avenir. La voix de l’hôtesse résonna dans le haut-parleur. L’atterrissage était éminent.

 

Jérémie faisait les cents pas dans la salle de débarquement. L’avion venait de se poser sur le tarmac. D’une minute à l’autre, elle sortirait de cette cage de verre qui la masquait. Il ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait. Depuis qu’il l’avait eu au téléphone, il n’avait cessé de penser à elle. C’était complétement irrationnel. Soudain, elle fut devant elle. Et il eut l’impression, lui, de décoller.

- Monsieur de Saint-Amand ?

Line le fixait. Elle possédait un regard si intense, de magnifiques yeux verts, empreints de tristesse autant que de sérénité.

- Bienvenue à Bordeaux mademoiselle, dit-il enfin en lui tendant la main.

Dans sa poitrine, son cœur menaçait d’exploser.

Durant tout le trajet, elle l’assaillit de questions concernant son frère. Elle trouva la région magnifique. Les vignes commençaient à rougir, une des plus belles saisons, dit-il.

Quand, enfin, ils parvinrent devant les hautes grilles du château, Line lui demanda d’arrêter la voiture. Elle en descendit, alluma une cigarette, prit le temps de couvrir du regard cette étendue de vignes, ce long bâtiment qui, au bout d’une longue allée se découpait dans la lumière crue du soleil médocain. Lorsqu’elle se sentit prête, elle remonta.

Jérémie remit le contact. Lui aussi était ému. Bien plus qu’il ne s’y attendait.

 

Guillaume était assis sur les marches du perron. Il avait eu du mal à trouver le sommeil. Son imagination lui avait joué des tours. Il avait cru entendre la boite à musique jouer toute la nuit. Il avait même tenté de se lever pour aller vérifier qu’elle était bien fermée, mais la peur de revivre l’expérience de l’après-midi l’avait refroidi. Il avait fini par prendre un somnifère. Il se voulait présentable pour cette demi-sœur tombée du ciel. L’arrivée de la voiture le tira de ses pensées. Son cœur battait fort, trop fort.

Line descendit de la voiture. Guillaume n’en crut pas ses yeux. Elle était le portrait de sa mère. Devant leur gêne respective, le détective fit les présentations. Hier encore, ils étaient tous deux enfants uniques. Mal-aimés. Aujourd’hui ils devaient apprendre à apprivoiser l’histoire de leur mère, composer avec leurs émotions respectives. L’arrivée d’Antoine sur le perron, annonçant que le déjeuner était servi,  brisa ce silence qui s’éternisait. Le vieil homme s’approcha de Line. Sa main ridée lui caressa le visage.

- Je ne suis que le majordome mademoiselle. Mais j’ai si souvent rêvé de ce moment qu’il faut me pardonner. Vous lui ressemblez tellement  !

Line ne sut que répondre. Elle ouvrit ses bras et l’y serra. Par delà l’épaule du vieil homme, elle vit son demi-frère qui souriait. Antoine à peine écarté, elle se précipita vers lui pour l’embrasser.

 

L’après-midi passa à toute vitesse, les heures semblaient s’être muées en minutes et les minutes en secondes. Ils rirent beaucoup, pleurèrent aussi. Guillaume et Line rattrapaient le temps perdu, tous deux avaient soif de vie, comme si la mort de leur mère les avaient sortis d’une longue léthargie.

 

En fin d’après-midi, Jérémie prit congé, le cœur heureux, se promettant de rappeler très vite Line et de l’inviter à dîner.  Le vieil Antoine  s’en fut se reposer dans sa chambre.

Ils se retrouvèrent seuls, pour la première fois. Guillaume pensa qu’il était temps pour Line de découvrir l’univers de sa mère. C’est donc ensemble, main dans la main, qu’ils ouvrirent la porte du bureau de Maud.

Dans l’intimité de cette pièce dans laquelle son parfum continuait de flotter, il lui raconta ce qu’il avait vécu dans son enfance, tout ce qu’il avait découvert depuis son retour, sur sa mère, sur lui même. Line écouta, émue de se retrouver là où sa mère avait tant pleuré son absence. Quel gâchis ! pensa-t-elle. Quand Guillaume sortit de sa poche la photo du coteau et du grand chêne, la boite à musique de l’autre côté du mur se mit à jouer. Line se figea, tétanisée. Cette musique elle l’avait déjà entendue, lui assura-t-elle. Ce jour-là, elle en fut convaincue, elle avait reçu la visite de Maud.

Guillaume ouvrit la porte dérobée. Line pénétra dans la pièce secrète. Une lumière douce et irréelle émanait du miroir de la coiffeuse.  Ils s’approchèrent tous les deux, fébriles. La lumière les enveloppa, les pressant de douceur, les isolant dans sa bulle. Ils entendirent alors la voix de Maud la traverser :

- Merci, mon fils, de m’avoir ramené Line. Je voudrais que vous accomplissiez une dernière tâche mes enfants. Je veux reposer en paix là où j’ai rencontré Louis. Ne soyez pas tristes, de là où je suis désormais, je veillerai sur vous.

La lumière disparut, laissant Guillaume et Line face à l’obscurité et le silence.

Sans un mot, saisi par un sentiment d’urgence, Guillaume entraina sa soeur au rez-de-chaussée. Il récupéra l’urne funéraire sur la cheminée.

-          Maintenant, dit-il, une boule dans la gorge.

Elle hocha la tête.

 

Quelques minutes plus tard, au pied du vieux chêne, ils ouvrirent ensemble l’urne et la vidèrent de son contenu. Un tourbillon de vent emporta avec lui les cendres de Maud. La petite musique venue de nulle part joua sa dernière note. Un grand oiseau blanc s’envola depuis la cime de l’arbre. C’était terminé. L’âme de Maud venait de s’envoler. Guillaume et Line se prirent dans les bras, comme si leurs esprits étaient en parfaite symbiose.

Ils murmurèrent ensemble «  pour toujours et à jamais».

Tout était à commencer.

 

 

 

FIN

 

marilouchocolate @ 20:30
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D’un cœur à la raison

Posté le Lundi 30 septembre 2013

D'un cœur à la raison call-her

 

 

Une étrange relation, que celle du cœur et de la raison…

L’un ne va pas sans l’autre, qui du cœur ou de la raison, décor planté la citation : le cœur a ses raisons que la raison ignore…

Le cœur a sa raison qui n’a ni âge, ni sexe, ni saison. Sans barrière, sans frontière, rien n’est impossible avec lui, vaillant qu’il est, il aime, quoiqu’il arrive, jusque parfois à en souffrir, c’est à se demander si le cœur aime aimer à en mourir?

Diable ! Quel drame ! Quand la rencontre d’une âme à une âme, inconcevable, surgit, de nulle part.

Alors, la valse infernale commence, qui  de ces deux l’emportera, là sournoisement la raison pèse le pour et le contre,  le bien, le mal. Elle distille au plus profond de ses âmes amoureuses, la peur, sournoise, tapie dans l’ombre, attend que le cœur lâche.  Avant même que la graine n’ai pu sentir la moindre goutte d’eau salvatrice dans ce désert aride, avant même avoir été touché par les rayons d’un soleil d’été, déjà il se meure.

En bon petit soldat, le cœur n’abandonne pas, roseau de l’amour,  il plie sous le poids mais ne rompt point :

« -Quitte à souffrir autant vivre ! crie ce dernier à la raison. A quoi bon vivre ? Dis-moi ? Si c’est pour vivre sans amour ? Toi la raison, ton bouclier est fait de peur, d’amertume et de larmes, quand le mien n’est que joie, bonheur et parfois plénitude quand tu n’es plus là à guetter le moindre faux pas… »

A La raison de répondre :

«  Mon pauvre ami ! Que tu es naïf ! La peur est mère de sureté ! Tout le monde le sait. Dis-moi, qui sera là pour soigner tes blessures quand demain rien de tout cela ne sera plus ? Crois-moi, mon bel ami,  rien de bon ne peut sortir, ton histoire est sans issue, je le sais parce que je suis la raison, je suis ton nord… la boussole qui te montre le chemin… »

Alors le cœur aux paroles de la raison défaille, il pense et repense, aux blessures futures, mais rien n’y fait, le simple fait de penser à celle par qui tout est devenu rose, prend le dessus et remporte le débat…

«  Après tout, ma raison tu as raison, tu seras toujours là même si je me trompe et que je m’effondre…  Tu es celle vers qui toujours je retourne quand tout est fini… Au fond ma fidèle amie, tout cela ne serait-il pas de la jalousie ? »

A ce mot, la raison resta interdite…

Parfois, pensa-t-elle, le cœur n’a pas tort, même si tout de ses raisons j’ignore. 

marilouchocolate @ 23:46
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Douceur de vivre…

Posté le Lundi 6 mai 2013

 

Douceur de vivre... lever-de-soleil1

 

 

Le soleil matinal qui s’installe tranquillement pour la journée, la fin de l’hiver qui s’annonce enfin !

Mon corps se réveille de sa longue léthargie, un corps qui se dévêt de son cocoon de  plumes d’oie, d’écharpes et de bonnets. Le plaisir de ressortir du placard, les vestes en jean, les pantacourts et les robes, les converses et autres sandales.

Que l’hiver fut long, si peu de lumière, la crise en note de fond, Aznavour avait raison, la misère est moins pénible au soleil.

Sur ma bicyclette, je longe les quais de Garonne, l’eau s’écoule paisible, imperturbable, une ribambelle de mouettes en rang d’oignon se laisse porter sur un tronc d’arbre. Comme la route qui mène Dorothée au magicien d’oz, des paillettes d’or se reflètent sur le miroir d’eau, quelques danseuses prennent la pose devant l’objectif d’une photographe…

Le Batcub accompagne mon trajet, je m’imagine une course entre lui et moi, moi et lui, je gagne de justesse, je croise des chiens et leurs maîtres, des joggeurs, des promeneurs, les quais nous appartiennent encore pour quelques heures. Après viendront les enfants en rollers et en trottinettes, les amoureux, les amateurs de shopping, marée humaine du retours des beaux jours attirés par les terrasses des cafés.

Je pose mon vélo, je suis arrivée au travail, la machine me délivre mon café, je m’installe sur la terrasse a la vue imprenable, une place de choix pour celui qui aimes observer la vie, les âmes.

Un sourire échangé, un horoscope dans le quotidien gratuit chopé sur un banc de tram, les nouvelles du week-end, et puis il est l’heure de prendre le labeur. Que tout semble doux aujourd’hui…

Le soir arrive, la débauche sonne, je reprends mon vélo, je détache mon chignon pour laisser voler mes cheveux dans le vent chaud, un morceau de piano et de violon dans les oreilles, croiser un ami, laisser des larmes couler parce le pollen se fait une petite place lui aussi sur les quais…

Oh oui qu’il est bon, qu’il est doux le joli mois de Mai…

marilouchocolate @ 21:27
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L’amour pour tous…

Posté le Mardi 20 novembre 2012

L'amour pour tous... dans chocolat amer main1

 

Je ne comprends pas, non, vraiment je ne comprends pas le monde qui m’entoure. A l’heure où on devrait tous s’unir dans ses temps de crise, on se déchire pour un droit à l’amour universel…

Quel paradoxe…

J’ai longtemps hésité à écrire ce billet de blog, mais ce que j’entends et vois en ce moment me fait honte.

Il s’agit de quoi au final ? Juste d’amour. L’amour entre de deux femmes ou deux hommes qui veulent s’unir et avoir un véritable statut aux yeux de la loi.

On ne choisit pas d’être homo, ça te tombe dessus, tu deviens une minorité de la société et tu sais que ta vie ne sera pas un long fleuve tranquille.

Tu devras éviter de te faire tabasser à la sortie des boites parce que tu tiens la main à la personne que tu aimes…

Tu devras réfléchir à deux fois avant de faire les présentations à la famille par crainte de recevoir les foudres de ta vieille tante ultra conservatrice.

Certain métier, si tu es sorti du placard, pourront potentiellement te mettre en danger, en gros tous ce qui touche à l’éducation de nos chère tête blonde et aux métiers de contact physique,  car c’est bien connu tous les homos sont pédophile ou bien détraqué sexuel !

Et par-dessus tout cela tu éviteras de pensé à être parent parce que soit disant qu’il faut un papa et une maman pour que le petit prince ou la petite princesse soit équilibré !

Mais j’ai juste envie de dire fuck ! fuck et re-fuck !

Je vais vous raconter l’histoire de deux copains à moi, Louis et Hugo, ils se sont rencontré et aimé, d’un amour qui dépasse les frontières, d’un amour que beaucoup d’entre nous aurait aimé ne serais ce que toucher du doigt.

Ils vivent ensemble depuis plus de 20 ans, comme tout couple, il ont connu des hauts et des bas, comme tout couple ils ont construit un foyer chaleureux, une maison, un chien et une belle voiture, l’un est chirurgien-dentiste, l’autre vendeur en parfumerie.

Un jour ils ont fait la connaissance de Lola, une jolie jeune fille bien dans ses basket, un coup de foudre amicale eu lieu entre eux.

 Lola avait fui sa famille où elle était battue et violé par son père qui était d’une dite haute société élitiste.  Elle débarquait à Bordeaux pour commencer à vivre, se construire. Ils l’ont soutenue et trouver un travail… la petite Lola un jour à rencontrer un garçon bien sous tous rapport, elle était amoureuse, elle l’a suivi. Ils ne l’ont plus vue pendant un an.

Un jour elle est revenue frappé à leur porte, elle était enceinte et avait quitté le jeune homme qui l’avait plaqué du jour au lendemain parce qu’il ne voulait pas assumer l’enfant.

Louis et Hugo, on soutenue Lola pendant sa grossesse malheureusement l’accouchement fut très compliqué et Lola décéda.

Le petit Gabriel, à peine né était déjà orphelin…

Lola avait pris ses dispositions, c’est à Louis et Hugo qu’elle confiait son enfant, parce qu’ils pourraient lui donner ce qu’elle n’a pas reçu pendant son enfance de la douceur, de l’amour…

Malgré tout ce qui les unissaient tous les trois les hommes de loi ont statué et le résultat fut non, et l’enfant fut confier à la famille de Lola…

Alors moi je vous le demande… Comment une loi peut-elle rivalisé face à l’amour ? Comment juger que deux garçons ne peuvent pas donner autant d’amour, qu’une famille hétéro bien sous tous rapport mais qui n’est que façade ?

Gabriel sera-t-il plus heureux dans la maison familiale avec un père violent . Sera-t-il plus équilibré parce qu’il aura un papa et une maman ?? La sacro-sainte image de la  » famille vrai »?

Parmi tous se déballage médiatique qui noie bien le poisson de la crise et autres sujets de société bien plus importante à mes yeux, une me rend dingue c’est la place que prend l’église dans ce débat.

A croire que la séparation de l’église et de l’état soit encore d’actualité…

Je suis de confessions catholique toutefois je me demande bien ce que je peux encore trouver comme valeur à celle que l’on m’a inculqué étant enfant, l’amour, le partage et le pardon … Des valeurs sommes toutes universelles et qui me semblent bafoué actuellement tout comme les mots liberté, fraternité et égalité.

L’église à travers les siècles jusqu’à aujourd’hui est loin d’être toute blanche pour se placer en moralisateur porteur des valeurs sacré de la famille.

Quid des orgies des Borgia ? Quid de la richesse acquise sur des accords avec les rois et reines ? Quid de la collaboration nazi ? Quid des curés pédophiles ? C’est des exemples faciles je vous l’accorde et pourtant…

Je ne comprends pas, non je ne comprends pas…

On demande juste le droit d’avoir des droits… pas juste le droit de payer des impôts en commun…Même si on fera peux-être les même conneries, divorces et compagnie…:)

Demain si ma conjoint décède,  je ne suis rien… Et j’ai passé 50 années avec cette personne… Je perds tout parce que j’ai aimé un triangle isocèle… Ce n’est pas juste, non ce n’est pas juste.

Alors n’ayez pas peur, votre monde ne vas pas s’effondrer parce que 1000 couples vont s’unir dans une mairie, parce que un couple va concevoir ou adopter un enfant et l’aimer, n’ayez plus peur de la différence car c’est cela aussi le monde qui nous entoure aujourd’hui. Construit avec nos différences mais aussi nos ressemblances.

Stop à la violence ! Stop à la haine ! Aimer vous les uns les autres!

marilouchocolate @ 20:48
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…Cher journal

Posté le Dimanche 26 août 2012

 

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Mon cher journal,

 

J’ai peur, peur de l’absence, qui créer le manque, instant fugace qui me rend vulnérable, fragile révélant la petite fille qui est là, près de moi qui attend. Elle attend, encore et toujours, qu’on lui donne l’envie de croire qu’elle peut recevoir et pas seulement aimer sans retour…

J’aimerai pouvoir lui dire, faire ce lâché prise…

« Tu me manques, au-delà du sensé, parce que enfin je t’ai trouvé, peur de l’abandon, de ne pas te plaire, cruel dosage que je m’impose pour ne pas te déranger alors que je passerai mes journées à te donner mes pensées, au fil des heures, des minutes et des secondes…

Cette envie qui devient besoin, de te voir, de te toucher, de sentir ton odeur, ressentir ton regard posé sur moi lorsque dans mes rêveries, je m’égare. »

Revenir à la raison, camisole, qui permet de par la pensée ,en secret, en silence; aimer sans se perdre dans les méandres de la passion.

« Je n’ose imaginer que tu sois là près de moi, jusqu’à ma fin, puisque tout, toujours fini… Je n’ai connu que cela… »

Mais, parfois, parfois, la petite fille en moi s’endort, comme bercé par l’infini tendresse que tu me donne, et j’y crois, je me dis que pour une fois demain est loin…

 

marilouchocolate @ 0:07
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Lion ascendant casse cacahuette

Posté le Mercredi 30 mai 2012

Lion ascendant casse cacahuète

Lion ascendant casse cacahuette dans chocolat chaud lion

 La trentaine approche et le bilan, que l’on a pas du tout, mais alors pas du tout envie de faire, s’impose à soi, insidieusement.

Faire un point sur notre vie, plus ou moins chaotique, selon que nous soyons tombé sur un ou plusieurs os.

Bon, on va commencer soft, comme une sorte d’horoscope à l’envers.

 

Travail :

Malgré de bonnes prédispositions pour réussir dans votre vie professionnelle, il est évident que votre amour pour l’anticonformisme vous a ralenti et continuera à ralentir vos ambitions en ce qui concerne salaires et primes au-dessus du Smic. En effet, vous avez essayé de ménager la chèvre et le chou ! Pas assez téméraire pour vous lancer dans une carrière culturelle et pas assez intéressée par les offres alléchantes (40 h par semaine, payé 100 euros de plus, et essayer de ne pas se faire déglinguer par les anciens collègues devenus subalternes).

Puis vous avez commencé à vous dire que zut à la fin,  vous avez vous aussi le droit de croire que vous pouvez faire aussi bien voir même mieux que votre sup’ actuelle, vous avez plein d’idées et d’envies à mettre à disposition de votre boite bien aimée. Bien entendu comme d’hab’, chassez le naturel il revient au galop ! Après une mise en orbite, vous vous êtes endormie sur vos lauriers, adieu veaux, vaches, cochons…, la lumière des spots vous a rattrapé, un duel interminable, une sorte de balance qui fait mumuse avec vos ambitions. Bref vous vous dites «  c’est ton destin » !

 

Santé :

Ma foi, la dessus Dame Nature vous a plutôt favorisé,  pas d’allergie, pas de maladie, ni chronique, ni mentale, juste une dentition de merde qui vous pourrit la vie… et votre portefeuille ! C’est sûr le dentier vous guette, mais relativisons, y’a toujours pire que soi !  Bref sur ce point rien de grave, donc passons à plus compliqué. Dans l’avenir, attention aux rhumatismes, une vie au soleil vous serait bénéfique !

 

Amour :

Alors là, c’est carrément le méga bordel. Dès le départ vous vous êtes vite rendue compte que vos petites copines étaient soit super précoces soit vous étiez très en retard pour votre âge, en gros, les mystères de l’amour étaient plus impénétrables que ceux de Dieu… Du coup, lors d’un moment d’égarement, vous vous êtes dit que vous étiez faite pour rentrer dans les ordres.

Puis finalement non ! Vous avez voulu goûter à toutes les fleurs et grimper à tous les arbres qui croisaient votre route, l’odeur de certains vous a fait tourner la tête, celle d’autres vous a laissé de marbre, puis vous vous êtes décidée. Ce sont les roses qui vous ont attirée le plus. Le problème avec les roses c’est qu’elles ont des épines, qui piquent et repiquent le cœur, beaucoup de sang qui aurait pu servir à sauver des vies à défaut de la vôtre.

La trentaine arrive donc, et voilà un bilan bien triste, mais que vous assumez pleinement ou presque…

Simplement maintenant, de peur de vous repiquer à des épines acérées, vous vous dites que finalement grimper sur des arbres aux branches solides c’était pas si mal. Oui mais voilà, si tout était aussi simple vous ne seriez pas en train de faire le bilan…

Donc, comme à votre habitude,  votre imagination part au galop ! Vous vous dites que comme vous ne faites jamais comme tout le monde, vous aimeriez emménager dans un beau jardin avec des fleurs et des arbres. Une sorte de triplex en somme.

 Un soir de clair de lune vous pourriez monter sur la branche de votre arbre préféré et puis le lendemain prendre votre café matinal avec une belle rose blanche… et puis parfois retrouver votre solitude bien aimée…

Stop ! Vous faites probablement fausse route, les contes de fée à trois n’existent pas ! Vous finirez mal, probablement poétesse entourée de 25 chats !

marilouchocolate @ 0:01
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Un dimanche

Posté le Lundi 14 mai 2012

Un dimanche

Un dimanche dans chocolats inspirés hamac1

Etre réveillé par un rayon de soleil qui passe à travers les rideaux, le chat à vos pieds qui surveille d’un œil et sommeil de l’autre.

S’étirer, refermer les yeux puis les rouvrir, se retrouver nez à nez face aux pupilles couleurs émeraude.

Se lever, regarder le fleuve où quelques voiliers voguent pendant que le café coule.

S’installer sur le canapé, allumer la première cigarette de la journée puis mettre un fond de musique. 

L’esprit embrumé commence à émerger des rêves de la nuit. Ses rêves remplis de terres inconnues, de bateaux, de pirates et de vent dans les cheveux.

Puis ressentir un sentiment contradictoire, l’envie de faire plein de choses et de finalement ne pas bouger, buller, laisser son corps à l’abandon.

Le corps se repose de la semaine intense mais le cerveau lui continue le voyage, cap  sur les quais, le bruit du vent qui se lève, le fleuve qui subit l’effet de la marée, des amoureux qui s’embrassent ici et là.

Et puis se retrouver d’un coup comme par magie au bord de la mer les doigts de pied en éventail sur une serviette de plage. Les vagues grondent, le soleil rosit les peaux blanches sorties de l’hiver. Gouter l’eau salée et puis mettre un coquillage à son oreille et revivre un souvenir d’enfance.

A nouveau, se retrouver à une terrasse d’un café, commander un bon coca frais reprendre son bouquin commencer il y a des semaines, lire une ou deux pages comme si on savourait un bon plat, refermer le livre. Des enfants jouent dans la fontaine.

Le corps nous rappelle à l’ordre il a faim. Sortir de la rêverie, manger puis s’allonger et finalement s’endormir en s’imaginant le chant des cigales comme berceuse.

Se réveiller à nouveau, regarder par la fenêtre les gens qui cours après le tram. Se demander si finalement l’imagination ne suffit pas au bonheur…

On est dimanche et demain…

marilouchocolate @ 10:14
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Une nouvelle page…

Posté le Lundi 2 janvier 2012

 

Une nouvelle page... dans chocolat chaud stylo

 

Cher amis lecteurs,

 

Parfois dans la vie il y a des choses qui ne s’expliquent pas mais qui demandent à être vécu.

En une phrase, chers amis, je réuni ce qui m’habite en ce moment et qui va m’éloigner un certain temps de mon blog.

Mais ne vous inquiétez pas, c’est pour mieux revenir et avec encore et toujours des
mots pour guérir et vous réchauffez le cœur.

Je vous parlais il y a peu de la musique d’une vie à une autre… J’ignorai à ce moment-là que j’allais en faire l’expérience. Troublante et grisante à la fois.

Je n’ai pas encore les réponses à mes questions mais elles arriveront par l’écriture des jardins de Sapho qui part la même occasion devrait changer de titre prochainement.

Pour ceux qui n’ont pas suivi cette histoire je vous invite à cliquer ici.

Je sais que ce que j’écris aujourd’hui vous semblera incohérent voir inutile mais patience je vous raconterai… Un jour !

Je vous aime et vous souhaite une bonne année 2012 pleine d’amour, de joie et de douceur.

A très vite

 

Marilou

marilouchocolate @ 14:23
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Une note après l’autre

Posté le Lundi 12 décembre 2011

Une note après l’autre

Une note après l'autre dans chocolats inspirés clochettes-300x224

 

Aujourd’hui allongée sur mon canapé en mode bullage intensif, j’étais en pleine recherche d’inspiration. J’ai ouvert mon ordi, une nouvelle page de mon traitement de texte et mis un peu de musique.

Et c’est en écoutant s’envoler les notes du violon de Sarah Chang que mon esprit a commencé à vagabonder.

Une note après l’autre, des notes créés depuis le moyen âge et réutilisées à l’infini depuis des siècles.

Certaines partitions utilisent le même accord, avec une mélodie différente, d’autres s’inspirent des mêmes sujets… A la fois identiques et différentes…

En somme du recyclage, tout comme les écrits, tout comme l’Histoire… Tout comme la vie ??

Là je sens, ami qui lit mon blog, que tu te demandes ce que j’ai pu fumer avant d’écrire ces mots, je te rassure rien d’illicite !

Mais toi, derrière ton écran, n’as-tu jamais ressenti la sensation étrange de déjà vu, déjà vécu, déjà rencontré ?

Un regard, une parole, une voix que l’on trouve familier alors que la personne qui nous fait face nous la rencontrons pour la première fois ?

Une ville dans laquelle on n’a jamais mis les pieds qui semble si familière, où on ne se perd pas, où chaque rue nous offre un sentiment d’être chez soi ?

Ne dit-on pas que les murs des maisons gardent l’énergie des précédents occupants ? Pour preuve certains agents immobiliers se doivent de dire le passé d’une maison, si elle a connu un crime, un décès ou des faits étranges pour éviter le refus d’une vente ?

Le doute s’installe : et si tout était déjà écrit ?

Il n’y aurait plus de but, puisque le seul qui compterait serait dans l’absolu de revivre à l’infini des émotions qui ont déjà été vécues dans une autre vie, une vie d’un autre temps.

Construisant avec les émotions d’antan, les rencontres d’hier, le monde d’aujourd’hui et celui du futur…

Car finalement L’Homme change-t-il vraiment ?

Il amène toujours des guerres, il est toujours aussi avide de pouvoir, un dictateur en amène un autre. Les femmes sont toujours sous le joug de la puissance masculine, la différence est toujours traitée avec méfiance et violence… Non rien ne change…

Les erreurs du passé se reproduisent, des partitions différentes mais les mêmes notes… Tout est là…

Je ne suis pas bouddhiste, mais lorsque ces sensations de déjà vu m’assaillent je me dis qu’ils ne sont pas loin d’une certaine vérité.

Ainsi les actes de nos vies antérieures se reportent sur nos vies suivantes.

Nos rencontres ne seraient plus le fruit du pur hasard mais une histoire déjà écrite, la légitimité du mot âme sœur prend alors tout son sens.

Idée très romanesque, se dire que quelque part sur cette planète il existe une personne faite pour nous aimer et nous correspondre en tout points, un amour si fort que même après la mort, les Ames de ses deux personnes renaissent dans d’autres corps pour continuer à s’aimer …

Mon téléphone sonne… Retour à la vie présente, se dire que mon imagination est un peu trop fertile.

Une note après l’autre, vivre les soupirs, les noires et les blanches l’instant où elles sont jouées et voir se réaliser la partition de sa vie jusqu’à la prochaine…

Peut-être…

marilouchocolate @ 17:45
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les coeurs et ses saisons

Posté le Jeudi 17 novembre 2011

« le coeur et ses saisons »

 

coeurglace

 

Pourquoi faut-il lorsque l’on a décidé d’être célibataire longue durée pour raisons diverses et variées, que ce maudit cœur en décide autrement ?

Qu’il se mettre à battre au point de se demander si on n’est pas devenue soudainement tachycarde ? Et pour quoi, pour qui ? Je vous le demande ?

Un sourire, un regard, un éclat de rire ; une main qui se pose sur la nôtre ?

Et voilà que tout le corps se réveille … Une sorte de printemps qui aurait 6 mois d’avance, et là ton esprit encore lucide crie : « stop ! Ce n’est pas l’heure, on est à peine en automne ! Non je te jure petit cœur tu te trompes ce n’est pas le moment, rendors-toi ! Arrête-toi avant qu’il ne soit trop tard, avant de t’attacher corps et âme à cette autre, ce beau miroir.

Mais il est déjà trop tard, les violons sonnent le début de la valse, un, deux, trois, on s’enlace. Le temps des hésitations… Un pas vers moi, un pas vers toi, deux en arrière, un en avant, on s’apprivoise et on s’attache.

Quelques jours, quelques semaines passent… combien ? Lorsqu’on aime on ne compte pas ! La chaleur de l’été scelle nos deux cœurs, allongées dans l’herbe, nos corps serrés l’un contre l’autre, nous regardons un ciel bleu sans nuage… La journée passe ainsi sans une anicroche.

Puis vient le crépuscule amenant avec lui un vent frais venu du nord. L’ombre à ce tableau idyllique. Un frisson, une peur… La peur qu’à l’aube, elle ne soit plus là, que ces moments partagés ne soit qu’un souvenir, la peur qu’elle parte pour un autre destin…qui ne serait pas le mien.

Le temps des orages… La pluie tombe, résonne sur le sol goudronné, la mélodie des amants qui se quittent : jalousie, possession, je t’aime et je te hais, tu m’étouffes, je te quitte et fous moi la paix !

L’hiver sonne le glas…

D’un pas las, on ramasse les morceaux brisés, on cajole, on rafistole près du feu de la vieille cheminée, les blessures de ce petit cœur qui avait voulu aimer bien avant l’heure…

marilouchocolate @ 2:44
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